Les plus jeunes ne se souviennent pas du temps ou l'on utilisait des mouchoirs en tissus pour se moucher. Lorsqu'ils sortaient des usines, la finition des bords de ce petit carré de tissus s'effectuait  à la main. Le métier de roulotteuse, aujourd'hui quasiment disparu, rapportait peu aux ouvrières qui étaient payées à la pièce. Le mot de roulotteuse ne figure d’ailleurs dans aucun dictionnaire à ma connaissance. Cet artisanat s'appliquait également aux voiles et aux foulards dont on roulait les bords. Une activité annexe consistait à faire des "jours" dans les tissus en retirant les fils à certains endroits afin d'y créer des fenêtres. Les mouchoirs, voiles et autre foulards étaient ensuite expédiés en France mais également dans le monde entier.
Autrefois, les entreprises de tissage ne donnaient pas directement le travail aux roulotteuses mais à des distributrices indépendantes qui répartissaient ensuite le travail dans les familles qu’elles choisissaient. A Iwuy, la dernière distributrice indépendante fut Me Danièle Planchon (décédée en septembre 2020) qui cessa son activité au début des années 1990.
Les distributrices étaient rémunérées au pourcentage sur la production des roulotteuses. On trouve encore quelques rares roulotteuses mais plus de distributrices, la dernière a arrêté en 2003, elle travaillait pour la maison SIMONNOT-GODARD.
Les souvenirs me reviennent en mémoire lorsque ma mère venait passer l'après midi chez ma grand-mère pour "retrouver" comme on disait à l'époque. Je les revois toutes les deux, une serviette nouée sur un angle du dossier d'une chaise "Polka", piquant l'aiguille dans le tissus du mouchoir qui était attaché à cette "poupée" avec une épingle, un petit dé à coudre leur recouvrant l'index. Elles roulaient le bord du mouchoir et le cousait avec un fil très fin de même couleur que le tissus. Il en fallait de la patience et de l'application pour effectuer cette tâche si minutieuse. J'ai retrouvé dernièrement les carnets ou ma grand-mère notait ses douzaines de mouchoirs pour calculer son salaire... En étant assise devant sa fenêtre plus de 8 heures par jour, 6 jours par semaine, (le soir à la lueur d'un "monte et baisse") ma grand mère pouvait gagner 300 francs par mois dans les années 1980, soit 50 € actuels. Il pouvait y avoir une bonne vingtaine de roulotteuses encore dans ces années.
Ce « petit » métier est en voie de disparition. Trouver une bonne roulotteuse mouchoir est quasi impossible, c'est également le cas des brodeuses main.


Les règles de l'art du roulottage :
  • L’ourlet roulotté doit comporter 4 points au cm, les plus discrets possible ;
  • Le fil employé doit être de la même couleur et du même type que le fil utilisé pour le tissage du mouchoir,
  • les mains toujours propres,
  • le tissu est roulé serré sur lui-même pour donner de la tenue au mouchoir,
  • il ne faut pas s’arrêter au milieu d’un ourlet car une reprise modifie l’aspect de l’ourlet qui doit être rectiligne et d’épaisseur régulière,
  • les angles du mouchoir ne doivent pas être coupés, mais roulottés à angle droit, sans faire de pointe ou d’arrondi.

Michel Lespagnol Président de Iwuy’stoire.
 
 
 
 
 
 
IWUY' Stoire est une association inscrite au Journal Officiel depuis le 16/04/2016
30.11.2020
01:34:17

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